Finir (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

( je finis, finissé-je , nous finissons ; je finissais, nous finissions ; je finis ; je ai ; je ais ; finis, finissons ; que je finisse ; que je finisse ; finissant ; fini ). XI e siècle, fenir. Issu du latin finire, « limiter, achever, mettre fin à ».

I. V. tr.
1. Conduire à son achèvement, mener à son accomplissement ou à sa conclusion. Finir un travail, une tâche, un exercice. Finir la rédaction d'un discours, d'un livre ou, ellipt. et fam., un discours, un livre. Il est occupé à son roman, à en achever la rédaction. Finir la lecture d'un roman ou, ellipt. et fam., un roman. Il a fini son discours par une magnifique envolée, il l'a conclu de cette manière. Il ne finit jamais ses phrases. Absolt. . Exécuter avec un soin minutieux. Ce peintre ne sait pas , finit trop.
2. Constituer le terme, la conclusion de. Cette campagne victorieuse finit heureusement la guerre.
3. Atteindre le terme de, arriver à la partie finale de. Il a fini ses jours dans la misère, fini sa vie à la campagne. Nous ons la journée en votre compagnie. Finir ses études. Finir son temps, son service, son temps de service. Au passif. C'est fini. Tout est fini entre eux, ils ont mis fin à leurs relations.
4. Faire cesser, mettre un terme à. Finissez cette crainte (class.), ne craignez plus. Finissez vos querelles. Absolt. Cesser ce qu'on a commencé. Finissez donc, vous êtes bien long. Savoir à propos. Cet enfant ne a pas, si on le laisse faire.
5. Achever de consommer. Finir son café. Laissez-moi mon cigare. Par méton. Finir son assiette, son verre. Finir un plat. Par ext. Fam. Utiliser jusqu'à usure complète. Il finit ses vieux costumes à la campagne.

II. V. intr. ou pron.
1. Prendre fin, arriver à son terme, se terminer, dans le temps ou dans l'espace. L'hiver va . Le spectacle a-t-il fini tard ? Le bail que vous avez souscrit finit dans trois mois. Il serait temps que ces bavardages finissent ou se finissent. Sa propriété finit à la lisière des bois. Fig. Il convient de savoir où finit la liberté et où commence l'anarchie. Suivi d'un complément ou d'un adverbe de manière. Cette rue finit en impasse. Les mots qui finissent en « x » au pluriel. Ce roman finit bien. La prise d'otages a fini tragiquement. Cela va mal . Cela devait ainsi. Expr. fig. et fam. Cette histoire finit en queue de poisson. Finir en beauté, se terminer avec succès et brillamment. Expr. proverbiale. En France, tout finit par des chansons. Prov. Tout est bien qui finit bien, se dit d'une aventure dont l'issue était incertaine mais se révèle favorable.
2. En parlant d'une personne. Arriver au terme de sa vie. Il a fini dans un extrême dénuement. Il a fini à l'hospice. Expr. Il a sur l'échafaud. Absolt. Mourir. Ainsi finit Alexandre le Grand. Par ext. Fam. Il a fini directeur général, a obtenu ce poste en fin de carrière.

III. Constructions particulières.
1. Finir de, suivi d'un infinitif, être sur le point de terminer de. Nous finissions de déjeuner quand il s'est présenté. J'aurai bientôt fini de rédiger cette lettre. Par ext. Cesser de. Il ne a donc jamais de nous importuner ! Il n'a pas fini de s'en repentir, il regrettera longtemps son geste. Finissez donc de vous quereller.
2. Finir par, suivi d'un infinitif, en arriver, en venir finalement à. Il a par comprendre, par avouer. Il a par s'attirer des ennuis. Cette affaire a par s'arranger. La corde a fini par céder. Impers. Il a bien par se passer quelque chose.
3. En , terminer ; faire cesser. C'est un homme qui n'en finit jamais. C'en est fini des beaux jours. C'en était fini de leurs espérances. Se dit le plus souvent à propos de ce qui semble durer trop longtemps, de choses désagréables, d'une situation difficile ou pénible. Une nuit qui n'en finit pas. Cette partie d'échecs n'en finit plus. Des discussions à n'en plus . Il n'en finit pas de préparer ses bagages, il le fait avec une extrême lenteur. En avec une personne, régler définitivement une affaire, un conflit avec elle, ou l'éliminer. Je suis pressé d'en avec cet importun. En avec un ennemi, le détruire.
4. Au participe passé. Placé en tête de certaines phrases elliptiques exclamatives ou interrogatives, fini s'accorde généralement avec le sujet. Finie, la comédie ! Finies, les vacances ? Certains auteurs, rapportant ce participe à un pronom neutre ce ou cela élidé, le laissent cependant invariable. Fini, la plaisanterie ! Fini de reste invariable. Fini des colères et des fâcheries. Suivi d'un infinitif. Fini de rire !


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Achever, terminer. "Finir une tâche. Finir un discours par une belle péroraison. Finir une affaire. Finir ses jours dans la pénitence. Finir un ouvrage. Finissons ce badinage."
FINIR, employé absolument, signifie, particulièrement en termes de Beaux-Arts, Exécuter avec un soin minutieux. "Ce peintre finit patiemment, finit trop. Cet artiste ne sait pas ."
Fig., "C'est un homme fini," C'est un homme affaibli, usé par l'âge, par les maladies, par les malheurs et dont il n'y a plus rien à attendre.
Il signifie également Être la fin, le terme de quelque chose. "La période qui finit son discours est remarquable. Cette campagne a la guerre. L'instant qui doit sa vie, le cours de sa vie." Absolument, "J'ai commencé par où il avait fini. Je ne ai pas sans un mot d'espoir. Finissez donc, vous êtes bien long. Finissez donc, vous me faites mal. Cet enfant" "ne a pas, si on ne le châtie. Faites-le donc . Savoir à propos."
FINIR DE signifie Terminer l'action indiquée par le verbe à l'infinitif. "Finir de parler, d'écrire, de jouer, etc."
EN FINIR se dit dans le sens de Finir, cesser, mais ordinairement en parlant de Choses trop longues, ennuyeuses, désagréables ou intolérables. "Nous n'en ions pas si nous voulions tout rapporter. Cette discussion a trop duré, il est temps d'en . En avec une question." Par extension, "En avec les rebelles, avec une sédition. En avec un ennemi," Le détruire. "Je suis pressé d'en avec cet homme." Par exagération, "Dès qu'il s'y met, il n'en finit plus. C'est un homme qui n'en finit jamais."
Employé intransitivement, FINIR signifie Se terminer, ou Être terminé. "Ce mur finit à tel endroit. C'est là que finit mon champ. Ce mot finit par une voyelle. Cela finit en pointe."
Il signifie également Prendre fin, arriver à son terme. "Le sermon finissait. Son bail finira, finit à Pâques. Tout finit en ce monde. Il est temps que cela finisse."
Il signifie encore Avoir une certaine fin, une certaine issue, arriver à un certain résultat. "Tout cela a mal. Cela ne peut que bien . Ce règne a fini par des revers. Sa vie a fini tristement, a fini par une catastrophe. Ce jeune homme prend un mauvais chemin, il a mal."
Il se dit particulièrement pour Mourir. "Ainsi finit ce prince."
Il s'emploie souvent avec la préposition PAR, suivie d'un infinitif indiquant l'action qui est le terme ou le résultat de ce qui a précédé. "Après s'être fait beaucoup prier, il a fini par y consentir. Il a par s'attirer une fâcheuse affaire. Cette façon de lire finit par vous endormir."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Conduire à achèvement, à terme. Finir un ouvrage. Finir un procès. Finir un discours.

 2   Mettre fin à, faire cesser.
MAIR.: « Rien ne peut m'empêcher de ma misère »
CORN.: « Je vous rends Aristie et finis cette crainte Dont votre âme tantôt se montrait trop atteinte »
MAINTENON: « Il est tout à fait disgracieux de sa vie avec des gens avec qui on ne l'a pas commencée »
RAC.: « Finissant là sa haine et nos misères »
RAC.: « Il faut des Juifs le honteux esclavage »
RAC.: « Votre Oreste au berceau va-t-il sa vie ? »
MASS.: « Finissez vos passions, commencez à vivre pour l'éternité »
VOLT.: « .... J'annonce aux nations Que je finis le meurtre et les proscriptions »
    Finir le cours de, mettre un terme à.
MASS.: « Ils se persuadent qu'ils pourront éteindre leurs passions, le cours d'une vie désordonnée »
    Finir son cours, avec un nom de chose pour sujet, cesser.
RAC.: « Je sentis que ma haine allait son cours »
    Finir un verre, un plat, etc. achever de boire, de manger ce qui restait dedans.
STAËL: « Il finissait toujours la coupe dont elle avait bu la moitié »
    Dans le langage trivial, quelqu'un, achever ce qu'on est en train de lui faire. Un coiffeur dira : Quand j'aurai fini monsieur, ce sera votre tour.

 3   Avec un nom de chose pour sujet, être la fin, le terme. La période qui finit son discours est admirable. L'instant qui va sa vie.
CORN.: « La paix finit la haine »
RAC.: « Une mort qui prévient et finit tant de pleurs »
MASS.: « La conversion finit nos vices, n'éteint pas nos passions »

 4   Mettre la dernière main. Finir un ouvrage.
    Terme d'arts. Exécuter avec beaucoup de soin, d'une manière minutieuse.
FÉNEL.: « Le peintre, dit-on, aurait pu davantage ces carnations »
    Absolument. Ce peintre finit trop. Il ne sait pas .

 5   Terme de manége. Finir un cheval, achever son éducation.

 6   V. n. Ne pas continuer de faire ou de dire. Les chicaneurs ne veulent jamais . Cet enfant ne a pas si on ne le châtie, faites-le donc .
     Colomesii opuscula, p. 114, dans RICHELET: La reine de Suède, ayant écouté une longue harangue, dit qu'il fallait qu'elle donnât quelque chose à l'auteur, à cause qu'il avait fini
MARIV.: « La comtesse : Finissez, monsieur, finissez ; ah ! l'odieuse contestation. - Hortense : Oui, finissons ; je vous épouserai, monsieur, il n'y a que cela à dire »
GENLIS: « Ah çà ! mademoiselle, ez-vous ? convient-il à une jeune personne de parler ainsi de mariage ? »
    Il se construit avec de et l'infinitif. Finir de parler, de jouer.
ROTROU: « Soyez, soyez Alcide en finissant de l'être »
    En , mettre fin à quelque chose, et d'ordinaire à une chose longue et ennuyeuse.
STAËL: « Ces deux partis sont également bons, puisqu'ils en finissent »
BÉRANG.: « Finissez-en, nos frères de Belgique ; Faites un roi, morbleu ! finissez-en »
    En avec quelqu'un, prendre un parti décisif, rompre avec lui.
    Il n'en finit jamais, se dit d'un homme qui fait toute chose avec lenteur.
    Ne pas , ne pas cesser de parler sur un sujet.
SÉV.: « Elles ne finissaient point sur ce sujet »
SÉV.: « Nous ne finissons point sur votre chapitre »
    Ne pas à, avec un infinitif, ne pouvoir achever de. Je voudrais vous faire connaître tous les hauts faits de cet homme extraordinaire, mais je ne ais pas à vous les raconter.

 7   Prendre fin, arriver à son terme. Le sermon finissait. Son bail finit à Pâques.
CORN.: « Mon aïeul, dont partout les hauts faits retentissent, Voudra bien qu'avec moi ses descendants finissent »
SÉV.: « Vous souvient-il des fantaisies qui vous prennent quelquefois de trouver qu'il y a des mois qui ne finissent point du tout ? »
BOSSUET: « Comptons donc comme très court, chrétiens, ou plutôt comptons comme un pur néant tout ce qui finit »
BOSSUET: « Il est ainsi, chrétiens : tout ce qui se mesure finit ; et tout ce qui est né pour n'est pas tout à fait sorti du néant où il est sitôt replongé »
RAC.: « Comment souffrirons-nous... Que le jour recommence et que le jour finisse Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice ? »
VOLT.: « Je vous embrasse du fond de mon trou, avec une tendresse qui ne a qu'avec moi, mais qui a bientôt »
LAMART.: « ....Dans le sombre avenir Mon âme avec effroi se plonge ; Et je me dis : ce n'est qu'un songe Que le bonheur qui doit »
    Ne pas , n'avoir point de borne, être infini. Une félicité qui ne finit point.

 8   Être terminé, se terminer. Le mur finit en tel endroit. Ce mot finit par une voyelle.
BERN. DE ST-PIERRE: « Ils croyaient que le monde finissait où finissait leur île »
    Familièrement, ne pas , avoir une longueur démesurée.
MARIVAUX: « Deux mains pâles et décharnées dont les doigts ne finissaient point »
DIDER.: « Les bras de cette Hébé ne finissent point »

 9   Finir en, avoir l'extrémité conformée en....
BUFF.: « Sa queue est longue de quatorze pouces, elle est couverte de poils noirs, et finit en pointe »

 10   Avoir une certaine issue. Je doute que cela finisse bien. Le règne de Louis XIV finit par des revers.
RAC.: « Tout cela ait par une perfidie ! »
    Il se dit des personnes en un sens analogue. Ce jeune homme a mal.
COLLIN D'HARLEV.: « Victor : Et de longtemps, je pense, il ne se mariera. - Justine : Vous verrez que lui-même il a par là »
    Finir par, avec un infinitif, arriver à la longue à un terme. Quoique pauvre, il a par payer.
BUFF.: « Il a fini par se marier à l'âge de cent onze ans »

 11   Mourir.
MAIRET: « Corisbé, je vous prie, et vous aussi, Phénice, De me faire un plaisir avant que je finisse »
PERROT D'ABLANCOURT: « Il aima mieux par une action de courage que de lâcheté »
MASS.: « Il n'est personne presque qui ne meure avant de l'avoir exécutée [la résolution de changer] ; les plus déréglés même souhaitent de saintement »
VOLT.: « Vous avez vu, madame, votre ami, que vous aviez déjà perdu ; c'est un spectacle bien triste ; vous l'avez supporté pendant plus de deux années »
DUCLOS: « Ainsi finit, à vingt-quatre ans, une princesse également célèbre par l'esprit, la beauté, les grâces, la folie et les vices »
M. J. CHÉNIER: « Finir comme mon frère est un sort assez beau »
BÉRANG.: « Mais il ne faut pas qu'on ignore Qu'en chantant le cygne a fini »

 12   Se , v. réfl. Prendre fin, cesser.
BOSSUET: « Là est le terme du voyage ; là se finissent les gémissements ; là s'achève le travail de la foi »
    S'accomplir.
RÉGNIER: « Ce que promirent les prophètes Aujourd'hui se finit en lui »
    Familièrement. Achever sa toilette. Une dame dit à sa femme de chambre qui l'habille : Descendez, je me ai moi-même.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. XI: Ses barons [il] mande pur son conseil fenir
    XIIème siècle
     Ronc. p. 10: Li emperere a sa raison [discours] fenie
    XIIIème siècle
AUDEFR. LE BAST.: « Quant ferme fu la pais et la guerre fenie »
     Berte, LXIII: Et leur traïson pert [paraît] ains qu'il puissent fenir [venir à bout de leur projet]
    XIVème siècle
ORESME: « Et qui avecques ce vouldroit adjouster que ces choses durassent pour toute sa vie et que il finisist sa vie en oeuvre de vertu »
    XVIème siècle
CALV.: « Pourquoy sera puni un meurtrier, qui a tué celui auquel Dieu avoit fini [déterminé] la vie »
RAB.: « Et en pleurs finent leur vie, laquelle estoyt de raison en joye »
MONT.: « Où que vostre vie finisse, elle y est toute »
MONT.: « Les stoïciens, qui donnent aux ames une vie au delà de celle-cy, mais finie »
RONS.: « tout terme qui finit n'a pas longue durée »

ÉTYMOLOGIE
    Picard, finer ; Berry, fénir ; provenç. fenir ; catal. ; ital. e ; du latin e. L'ancien français, pour éviter l'i dans deux syllabes consécutives, disait fenir, verbe d'ailleurs peu usité, celui qui l'était le plus était finer, dérivé directe ment du substantif finis, fin, et appartenant à la 1re conjugaison.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Achever, terminer, cesser. "Finir un discours. Finir un discours par une belle péroraison. Finir une affaire. Finir ses jours dans la pénitence. Finir un ouvrage. Finissons ce badinage."
"Finir un ouvrage," Y mettre la dernière main. "Finir un tableau."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie également, Être la fin, le terme de quelque chose. "La période qui finit son discours est remarquable. Cette campagne a la guerre. L'instant qui doit sa vie, le cours de sa vie."
Il s'emploie aussi absolument, dans le premier sens. "Il aura bientôt fini. J'ai commencé par où il avait fini. Je ne ai pas sans dire un mot de... Finissez donc, vous êtes bien long. Finissez donc, vous me faites mal. Les chicaneurs ne veulent jamais . Cet enfant ne a pas, si on ne le châtie. Faites-le donc . Savoir à propos."
Il s'emploie souvent avec la préposition "de," suivie d'un infinitif indiquant l'action qu'on finit, qu'on cesse. "Finir de parler, d'écrire, de jouer, etc."
Fam., "En ," se dit dans le sens de Finir, cesser, mais ordinairement en parlant De choses trop longues, ennuyeuses, désagréables, etc. "Nous n'en ions pas si nous voulions tout rapporter. Cette discussion a trop duré, il est temps d'en . Je suis pressé d'en avec cet homme." Par exagération: "Dès qu'il s'y met, il n'en finit plus. C'est un homme qui n'en finit jamais."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



employé d'une manière absolue, se dit particulièrement, dans les Arts du dessin, pour exprimer une exécution minutieusement soignée. "Ce peintre finit patiemment, finit trop. Il ne sait pas ."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie aussi neutralement, et signifie, Se terminer, ou Être terminé. "Ce mur finit à tel endroit. C'est là que finit mon champ. Ce mot finit par une voyelle. Cela finit en pointe."
Il signifie également, Prendre fin, arriver à son terme. "Le sermon finissait. Son bail a, finit à Pâques. Tout finit en ce monde. Il est temps que cela finisse."
Il signifie encore, Avoir une certaine fin, une certaine issue, arriver à un certain résultat. "Tout cela a mal. Cela ne peut que bien . Ce règne a fini par des revers. Sa vie a fini bien tristement, a fini par une catastrophe bien malheureuse. C'est un méchant homme, il a mal."
Il se dit particulièrement pour Mourir. "Ainsi finit ce prince."
Il s'emploie souvent avec la préposition "par," suivie d'un infinitif indiquant L'action qui est le terme ou le résultat de ce qui a précédé. "Après s'être fait beaucoup prier, il a fini par y consentir. Cet homme a par se faire mettre en prison. Cela peut par ennuyer, par déplaire."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

1°. Achever, terminer. '"Finir une" afaire, "un" ouvrage, "un" discours.
- 2°. Mettre la derniere main. '"Finir un" tableau, "un" ouvrage.
- 3°. V. n. '"Finissez" donc! 'Quand il a commencé de parler, de conter, il ne "finit" point.
- 'Le Sermon "finissait", lorsqu' il est entré. 'Le bail "finira" à Pâque, etc. 'C'est un méchant homme, il "finira" mal.
   REM. 1°. "Finir" régit ordinairement "de" et l'infinitif. 'Quand il "eut fini de parler". Dans les phrâses négatives on met "à" ou "de", mais non pas indiféremment. Il y a un choix à faire sur lequel le goût seul peut diriger l'écrivain. 'Je "ne ois point à" vous "faire" des complimens. "Sév." 'Sans cela, on "ne oit" jamais "de se plaindre". = * "Je ne ois point si je voulois raconter", etc. Tour trivial employé par certains Historiens ou Orateurs. Il faut l'éviter avec soin. = Quelquefois "Finir", est suivi de la prép. "par". 'Il "finit par" nous "dire" que, etc.
- Pour les noms, on dit, "comencer par" et " en". 'Ce mot "comence par in" et "finit en ment". Comme "innocemment".
   2°. "Être fini" a, en quelques ocasions, pour régime la prép. "de" et l'infinitif";" et il a cela de particulier, qu'il done à cet infinitif un sens passif, quoiqu'il soit employé activement. 'Il "sera fini d'imprimer" vers le mois d'Octobre prochain. "Affiches de Prov."
- On dit, "d' imprimer", pour "d'être imprimé".
   3°. FINIR, cesser, est neutre et se dit sans régime. 'Bientôt ils "finiront les" malheurs de leur vie. "Télém." Dites: les malheurs de leur vie "finiront"; ou, "ils verront les" malheurs, etc. 'O Cretois!... La mort seule pourra " ma" reconoissance. "Ibid." Je crois qu'il falait en cet endroit, "mettre fin à", etc. Voy. METTRE FIN au mot FIN, s. f. "Rem." 1°. = "Finir sa vie", se dit de celui qui meurt, et non de celui qu'on fait mourir. 'Les méchans ne croyoient pas pouvoir assurer leurs vies, qu'en "finissant la sienne" (de Pigmalion.) "Télém." Je voudrois encôre dire, en cet endroit, "qu'en mettant fin à la sienne". L'"Acad." dit: " ses jours" dans la pénitence: mais elle ne dit point, " les jour d'un aûtre".
   4°. "Se ", est peu usité, et il est inutile: "finir", neutre, a le même sens. 'Là "se finissent" les gemissemens: là "s'achève le" travail de la Foi. "Boss." On dit "s'achever": on ne dit pas "se ": Dites, en pareil câs, "là finissent", etc.
   5°. "Finir en entier", est un vrai pléonasme. 'On est fâché que cette Histoire (de la conjuration de Walstein) ne soit qu'un fragment, et que la paresse de l'Auteur ("Sarrasin") ne lui ait pas permis de "la en entier". Sabat. "Trois siècles", etc.
   6°. Dit-on "tout a fini", ou bien, "tout est fini" pour moi? Le 1er, est sans contredit le meilleur, s' il n'est pas le seul bon. 'J'ai vécu, j'ai régné: "tout est fini pour moi":... un jour dernier, un jour inévitable est arrivé pour nous. "Jer. Dél."
   On dit, familièrement, "voilà qui est fini", c. à. d. n'en parlons plus.




Emplacement dans le dictionnaire :

fine
fine-metal
finement
fines
finesse
finet
finetier
finette
fini

finish
finissant
finisseur
finition
finito
finlandais
finn
finne
finnois
fiole
fion




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...je ne sais quoi d'encore sauvage. En passant, nous voyions ces longues rues droites, immenses, s'ouvrir l'une après l'autre sur ce ciel qui blanchissait. à cette heure indécise où la nuit allait finir, plus une lumière, plus un bruit ; de loin en loin, quelque rôdeur sans gîte, à l'allure hésitante ; le long de la mer, des tavernes dangereuses, grandes bâtisses en planches, sentant les épices et...


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